Margaux Pinto et Thibault Carcassonne nous invitent à explorer les marges du visible, entre zones d’ombre, savoirs populaires et fragments de mémoire partagée.
Partons sous une forme d’errance volontaire, acceptons de ne pas savoir exactement où nous regardons, dans l’immédiat et par la suite, sans savoir ce que l’on va trouver… restons disponibles à ce qui apparaît.
L’invisible n’est pas seulement ce qui échappe à la perception, il peut être aussi producteur de sens. Les mystères du ciel, de l’univers et les rituels sont autant de voies pour approcher l’inconnu. Le récit et la recherche permettent de partager l’invisible, et surtout de rendre ce monde habitable. Les traces laissées, qu’elles soient isolées ou partagées, deviennent un point d’appropriation : emparons-nous de ces traces, de ces objets oubliés, pour leur trouver une lecture. Accepter de ne pas savoir exactement où l’on regarde, ni ce que l’on va trouver, tout en restant disponible à ce qui peut surgir.
Ces tentatives sont des actes qui essaient de retenir quelque chose qui est déjà en train de disparaître. Ce peut être une image, une trace, un son, une forme, ou même une idée. Rien n’est totalement stable, tout glisse, tout s’efface peu à peu, et pourtant on cherche à fixer, à prolonger. Elles disent “nous avons été là”, “nous avons cherché cela”, “nous avons partagé une même recherche”.
Rémanences explore la poétique des espaces et les récits qui les habitent. L’exposition invite chacun à parcourir un territoire, à interagir avec son environnement, à observer ses usages, afin de construire ensemble des projets ancrés dans le réel. L’expression se déploie sous des formes multiples : texte, image, son, installation ou mise en scène.
Un territoire, une rencontre, un récit : c’est ainsi que s’active la recherche des deux artistes.